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«Devant Dieu, je fais le serment de servir une Vendée toujours fidèle. Je jure de donner s'il Lui plaît ma vie, pour la Religion et pour le Roi.»
Tel est le serment qu'Etienne, Philippe et Jean-Marie prêtent en 1793, dans leur Vendée natale. Leur pays, face à la Terreur instaurée par la République et les massacres de la Convention, ils décident de le défendre jusqu'à la mort, bientôt rejoints par cinq autres adolescents qui, comme eux, aspirent à vivre leur religion au grand jour et au retour sur le trône de Louis XVII, enfermé au Temple.
Deux ans plus tôt : Etienne, jeune Vicomte de Puybéliard, termine à Paris ses humanités. La Révolution, il ne la vit qu'en spectateur jusqu'au jour où il assiste, presque malgré lui, à l'exécution de Louis XVI. Voir son Roi bafoué, son sang souillé, provoque en lui une révolte telle qu'il quitte son pensionnat parisien pour revenir au château familial. Hélas, lui qui a de si grandes aspirations religieuses et politiques y retrouve un père « traître à la cause », cédant à la République pour sauver sa tête. Cela, Etienne ne peut l'accepter. Il décide de lutter et réunit autour de lui six compagnons, fils de nobles ou d'artisans, pages à Versailles ou paysans. Alors que la Vendée se soulève contre l'emprisonnement de ses prêtres et la République, Etienne et ses amis se mettent au service de l'Armée Catholique et Royale. C'est le début pour eux d'une année de batailles et de missions secrètes, une année qui mettra fin à leur enfance heureuse pour s'ouvrir sur une vie nouvelle dans un monde nouveau.
Sang et or n'est pas à proprement parler un roman historique. Bien sûr on y retrouve tous les faits d'armes et les grandes figures de la guerre de Vendée, comme la défaite de Savenay ou Henri de la Rochejaquelein. Bien sûr il regorge de dates et de détails politiques. Mais cela est loin d'être le premier intérêt du roman. Sang et or est avant tout un roman d'aventure et d'amitié. L'aventure, c'est celle de ces sept jeunes gens, dirigés par des officiers à peine plus âgés qu'eux, qui courent les chemins à la recherche d'action et de renseignements. A travers la Vendée, l'Anjou, l'Angleterre, même, nous suivons jour après jour la bande d'Etienne dans ses péripéties. Et ces sept-là n'ont pas froid aux yeux ! Soudés par une solide amitié, ces garçons que tout pourrait opposer, qui ne sont pas du même milieu, se liguent contre les « Bleus ». Témoins des pires massacres tels les noyades de Nantes et les Colonnes infernales, ils n'auront de cesse de défendre leur terre et leur nom contre les soldats semeurs de trouble et de mort.
Il est presque étonnant de voir décrits en termes aussi crus les exactions des Républicains. Il est d'usage, dans le Signe de Piste, d'être moins… sanglant. Ici, Henri Bourgenay ne mâche pas ses mots et donne une vision toute nouvelle des guerres de Vendée et même de la Révolution française. On dépasse le simple soulèvement d'un peuple mécontent et les combats exaltants pour toucher de véritables enjeux politiques auxquels l'auteur fait même participer ses personnages. La guerre vécue par Etienne et les siens n'est pas un jeu, pas une belle aventure entre amis, mais bien un drame terrible, retracé en profondeur.
Sang et or est un roman poignant, qu'on termine en ayant appris beaucoup sur cette résistance qu'ont opposée de simples paysans vendéens aux armées d'un pouvoir qui leur refusait la liberté. Le Sang, c'est celui du roi, dans lequel Etienne a trempé son mouchoir, sur l'échafaud. L'Or, c'est la générosité, l'amitié dont ont su faire preuve ces adolescents qui se sont battus pour leur Roi et pour leur Foi.
Pauline Bertrand Article paru dans le bulletin des Amis du Signe de Piste n°76 (février 2009)
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